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L'atelier d'un peintre offre au pèlerin de l'art la possibilité du choc, de la découverte, de l'insolite brusquement présenté, contradictoirement à ce que précisément on attendait.
Chez Franck Saïssi, sous le déchaînement des lignes et des couleurs que l'on pouvait imaginer, on capte dès l'abord l'attitude picturale, celle qui équilibre les formes, assied les proportions, stabilise les fulgurances, affine les exagérations voulues... Une sagesse s'impose, elle organise la pièce peinte ou dessinée et, loin de limiter la frénésie apparente, la renforce en lui accordant sa présence. Ainsi évoluent sous le contrôle de l'artiste la sensibilité de son envolée et le respect de l'art de peindre. Saïssi appartient à l'expression figurative. Des nus, des portraits, des paysages sont visibles et se prétendent tels. La modernité efface bien entendu le détail inutile, la soumission au vérisme ou l'éclat factice. Le clin d'oeil complice au contemplateur est banni comme l'agrément de la facilité. Il faut au contraire, pour pénétrer cet univers, admettre sa violence volontaire, les grandes lignes de ses lancées schématiques, ses contrastes, voire ses déchirures. Alors interviendront les données poétiques, la finesse de certaines graphies, le charme que propose la peinture quand elle se pare de sincérité, de l'humilité de son émotion. Ces oeuvres sont vastes, non par les dimensions favorables au gestuel, elle acquièrent leur vastitude de la largesse de leur conception car le sujet n'est ici que prétexte. En fait la voltige et l'adresse de l'acte de peindre s'accomplissent ici pleinement dans l'éthique de la vocation. Désir de créer, de connaître et de dominer la difficulté jusqu'à l'élégance personnelle de l'autocritique et du doute. Persévérer malgré l'incompréhension et la critique, n'est-ce pas ainsi que l'on peut prétendre être peintre? Nice , février 2007 Michel Gaudet Critique d'Art Chevalier de l'ordre des Arts et des lettres |
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